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A propos des contradictions et insuffisances de la constitution 2014

Hommage aux constituants démocrates et à la société civile

samedi 21 août 2021, par Rabaa Ben Achour

La constitution de 2014 est minée, comme tous les terrains sur lesquels sont passés les islamistes. Il a fallu deux ans pour déminer la première mouture (juin 2011) qui visait à mettre en place un Etat théocratique.

Conspuée par les député(e)s démocrates, par la société civile, par les juristes modernistes, par les femmes de tout bord, que l’on réduisait à n’être plus que plus qu’une ombre, complément indispensable des hommes, la première mouture a fait l’objet d’importantes révisions. Souvenons-nous des milliers de manifestants qui ont battu le pavé durant les trois années !
Mais dans un terrain miné, les pièges ne se sont pas, hélas, toujours débusqués. Quoi qu’on en die et n’en déplaise au président de la République, la constitution, dans sa version définitive, était, malgré ses faiblesses et la nécessité de les pallier, une première victoire sur les islamistes.

Le combat n’a pas été facile et la constitution de 2014 que le président de la République rejette d’un revers de la main, sans se donner la peine de rendre hommage à ceux qui se sont battus, au sein de l’ANC ou dans les rues de Tunis, demeurera le meilleur témoignage de la lutte menée contre les islamistes. Oui, les contradictions que l’on relève chaque jour en sont les marques indélébiles.

La constitution de 2014 porte les stigmates de nos martyrs et personne ne pourra les effacer.

Que l’on veuille corriger les apories et modifier les articles qui mettent en place l’organisation des pouvoirs, est nécessaire, mais dénigrer les efforts conjugués des députés démocrates et de la société civile quant à la préservation des libertés est inacceptable.

La constitution de 1957 a été imposée, la constitution que l’on élabore, loin de tout regard - si constitution, il y a-, nous sera imposée. Seule la constitution de 2014, je le répète, en dépit de ses faiblesses, des apories et des pièges qu’elle comporte, est l’expression de la volonté d’un peuple, qui compte des conservateurs et des libéraux, des croyants, des agnostiques et des athées, des riches et des pauvres, des jeunes et des vieux.

Le peuple est un et indivisible. Le fractionner, monter les différentes catégories sociales les unes contre les autres, c’est poser les bases de la haine et de la violence.

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2021-08-21
Rabâa Ben Achour

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