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10-11 décembre 2015 Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de la Manouba

Colloque international de l’ATDVU Libertés académiques et chartes universitaires

jeudi 29 octobre 2015

Aujourd’hui, à l’heure du village planétaire, à l’heure où les universités du monde entier sont le lieu naturel des échanges d’idées et de la circulation des informations grâce aux échanges interuniversitaires, à l’organisation de colloques internationaux, la communauté universitaire internationale et les organisations internationales chargées de l’éducation aspirent à ériger les libertés universitaires en tant que valeurs partagées par l’humanité tout entière.

On assiste à l’échelle planétaire, depuis une trentaine d’années, et particulièrement à partir des années 90, à la multiplication des colloques, des séminaires portant sur la thématique de la liberté académique et la définition juridique des principes la régissant. A Sienne (1982), Lima (1988), Bologne (1988), Dar es-Salaam (1990), Kampala (1990), Sinaia (1992), Erfurt (1996), Paris (1997 et 1998), la communauté universitaire internationale a adopté des déclarations et des recommandations convergentes qui présentent les principes fondamentaux fondateurs des universités tout en insistant sur la liberté académique à laquelle ils accordent une place privilégiée.

L’Afrique, à la suite de la Déclaration de Kampala sur la liberté intellectuelle et la responsabilité sociale, l’Afrique du Nord, en particulier, et le monde arabe ont participé à cette réflexion. De fait, la question des libertés académiques a été au centre des préoccupations du Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (CODESRIA) qui a régulièrement organisé des conférences et des colloques dans les pays africains, pour étudier les obstacles et les avancées relatives à la question de la liberté académique dans les universités africaines et pour y renforcer la liberté d’enseignement, de pensée et de recherche, comme la Conférence sur « la liberté académique dans les pays africains et arabes : problèmes et défis », conjointement organisée avec le Forum régional de l’UNESCO, en septembre 2005 à Alexandrie et des colloques à Rabat en mars 2008 et à Oran en mars 2010.

Ces débats ont été le reflet de l’aspiration des universitaires africains à rallier le consensus international sur une approche commune et partagée des libertés académiques en dépit d’une tendance souvent remarquée de contester leur universalité et de mettre l’accent sur leur relativité.

Dans le prolongement de ces initiatives internationales et régionales, l’Association arabe des libertés académiques a donné, dès sa création, le coup d’envoi à un certain nombre d’initiatives et à un débat régulier sur les libertés universitaires qui s’est poursuivi à la Manouba, en Tunisie, les 16 et 17 octobre dernier, à l’occasion de son sixième congrès autour de l’autonomie des universités dans la période transitoire (l’exemple de la Tunisie). Cette rencontre a été à l’origine de nombreuses recommandations relatives à la promotion des libertés académiques dans le monde arabe selon les standards internationaux et particulièrement d’un appel à l’intention des gouvernants arabes pour leur constitutionnalisation à l’image de la Tunisie qui vient de les inscrire dans sa nouvelle constitution.

Face à la tendance des pouvoirs politique, religieux, économique d’asservir les libertés académiques à leurs dogmes, de les limiter, voire de les violer, et face à leurs pratiques restrictives exercées dans des proportions variables et inégales d’un pays à l’autre, les universités et les universitaires vont inscrire, à l’occasion des conférences mondiales ou régionales précités, les libertés universitaires dans des chartes et ont pu, dans de nombreux pays, les consigner dans les législations en vigueur, dans des recommandations internationales des institutions spécialisées chargées de l’éducation comme l’UNESCO, voire dans les constitutions. Dans l’esprit de ces défenseurs de la liberté académique qui ont tenu à la codifier, il est à la fois nécessaire et utile d’avoir des textes qui constituent, soit des codes de déontologie à respecter par la communauté universitaire (les chartes), soit des références juridiques (lois, dispositions constitutionnelles, recommandations et déclarations internationales même si elles n’ont pas de caractère contraignant) opposables aux pouvoirs politiques ou aux groupes qui violeraient les libertés universitaires. En d’autres termes, l’inscription de de la liberté académique dans des chartes, leur reconnaissance légale si elle ne les préserve pas des atteintes, devient un instrument dissuasif qui renforce la sécurité juridique dans l’exercice de cette liberté et oblige l’Etat à la protéger.

Les conférences, les congrès précités et les chartes, déclarations et résolutions qui en ont résulté ont introduit parallèlement au principe de la liberté académique, la notion de responsabilité sociale , insistant sur l’idée que les libertés universitaires n’étaient pas des privilèges mais les conditions indispensables permettant à l’université, en tant qu’institution d’enseignement et de recherche, ainsi qu’à ses membres, de faire face aux responsabilités que la société leur confie, de les assumer conformément des normes scientifiques et éthiques et dans un respect scrupuleux de la transparence dans la gestion des établissements d’enseignement supérieur sans oublier l’autocontrôle, l’auto-évaluation et la redevabilité sociale.
C’est dans cet esprit et dans un environnement socio-économique, institutionnel et politique qui a connu des mutations profondes après la Révolution du 14 janvier 2011, dans l’attente de l’élaboration et de la publication des textes d’application de l’article 33 de la nouvelle Constitution qui a constitutionnalisé, pour la première fois dans l’Histoire de la Tunisie , les libertés académiques et pour couper court aux velléités d’interprétation restrictive de cet article, émanant des nostalgiques de l’asservissement de l’Université. que l’Association tunisienne de défense des valeurs universitaires (ATDVU) estime, dans cette étape cruciale transitoire de notre histoire, indispensable la réaffirmation des libertés académiques et des principes de liberté d’enseignement, de recherche, d’autonomie institutionnelle et le renouvellement des règles de fonctionnement pouvant garantir à la fois la crédibilité pédagogique et scientifique de notre université, son indépendance par rapport au pouvoir politique, religieux et économique, par rapport aux idéologies, sa bonne gouvernance et le progrès de la Nation.

Elle a initié, pour ce faire, le cycle des « Journées de la Charte universitaire » entamé en février 2015 à la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de la Manouba dont le couronnement sera l’élaboration d’une Charte universitaire par toutes les parties prenantes à l’université (enseignants- chercheurs, chercheurs, étudiants, personnel administratif et ouvrier et dont le colloque international « Libertés académiques et chartes universitaires » est l’une des étapes. Il se tiendra les 10 et 11 décembre 2015 à la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de la Manouba.

Cette rencontre donnera l’occasion aux participants :
- de continuer le débat toujours d’actualité sur le concept de liberté académique et son contenu, sur la responsabilité sociale, sur la condition du personnel enseignant de l’enseignement supérieur, sur les droits et les devoirs des parties prenantes, à partir de la lecture de constitutions et de textes juridiques, d’instruments juridiques internationaux et de chartes 
- de réfléchir sur la place que le législateur et les universitaires accordent aux libertés et aux valeurs universitaires dans le monde en général et dans les pays des deux rives de la Méditerranée.

Les intervenants sont sollicités pour présenter des chartes universitaires. Ils en feront, le cas échéant, des lectures comparées accompagnées de témoignages au sujet des difficultés de l’application de ces chartes et de confrontations entre les valeurs qu’elles diffusent et le vécu, mettant en exergue les concordances et les discordances.

Ils réfléchiront sur les raisons de la consécration juridique des libertés universitaires mais aussi sur l’absence dans de nombreuses contrées de reconnaissance légale de ces libertés de leur restriction ou de l’absence de chartes.
Les organisateurs du colloque lancent une invitation à soumettre des propositions de communications sur le thème suggéré.

Les propositions devront être soumises par voie électronique au Professeur Habib Mellakh : habib.mellakhAROBAZgmail.com


Pour toute autre information sur le colloque contacter :

- Professeur Taoufik Karkar
- taoufik.karkarAROBAZgmail.com

http://tunisie-des-lumieres.org/